Les 7 plaies de la Suisse Jacques Deillon | 29.01.10 La Suisse, au niveau international, fait pleurer ou rire, c’est au choix. C’est par cette phrase lourde de sens que l’on pourrait résumer notre situation actuelle. Car en fait, force nous est de constater que c’est la première fois que pour avoir des sueurs froides, nous délaissons Stephen King pour allumer la télévision et regarder le télé journal. L’effet est radical, c’est à ne plus en dormir la nuit. Cependant, revenons en arrière. Nous sommes le 17 décembre 2007, le monde politico-médiatique exulte, l’ogre de Zürich a subi ce que l’on croit être son Waterloo et doit accepter une nouvelle Sainte-Hélène. On affirme alors au peuple confédéré qu’enfin le gouvernement pourra retravailler dans le calme et la sérénité et qu’une nouvelle ère de Pax politica s’ouvre devant nous. Aujourd’hui, en janvier 2010, le bilan de la Pax politica est, soyons polis, catastrophique, pour ne pas dire apocalyptique. Nos sept conseillers fédéraux ont démontré qu’au niveau politique internationale, nous n’avions pas le standing. Kadhafi, la double-imposition, le secret bancaire, autant de sujets que de Bérésina lourdes de conséquences. Tout d’abord, il a suffit qu’un roitelet campé sur son tas de sable, qu’un dictateur d’opérette caractériel, mécontent que son rejeton adoré n’ait pu tabasser impunément ses domestiques, monte le ton pour que nos ministres terrifiés se terrent dans leurs bureaux. Pour les en faire sortir, il a fallu une prise d’otage. Et encore, nous qui attendions une réaction officielle, nous avons été les témoins d’un voyage à Canossa des plus pitoyables avec un ministre suisse piétinant le droit helvétique afin de caresser le bon père Kadhafi dans le sens du poil… Sans commentaires Ayant ainsi démontré avec une maestria toute particulière son incapacité à tenir la pression, notre bon Conseil fédéral, critiqué, désemparé allait de toute façon attirer les vautours. Et voilà que c’est au tour des Etats-Unis de jouer les gros bras. Il faut dire que le pays d’où la crise est venue avait bien besoin d’un bouc émissaire et UBS va lui donner l’entrée en matière parfaite pour une mise au pilori du secret bancaire suisse. Encore une fois la méthode a du bon et un bastion financier helvétique, qui avait jusque là résisté à toutes les critiques, baisse piteusement pavillon sans livrer bataille. Pour ne pas être en reste, l’Union européenne en profite pour réclamer les mêmes droits que les USA et le dossier de la double-imposition va par la suite faire les frais de la mollesse des autorités fédérales. Alors, comment conclure une année aussi cataclysmique pour notre pays, si ce n’est de dire que l’Egypte avait Moïse et ses dix plaies, nous, nous avons le Conseil fédéral et ses sept plaies… |
08.04.2010
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